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  • kdiLES RECHERCHES DU PROFESSEUR K et autres nouvelles

de KIM Dong-in

« Un bord de mer.
Un bord de mer tourné vers l’orient. Au-devant, la mer, immensément vaste ; derrière ; un flanc de montagne escarpé; et entre les deux, un intervalle d’à peine dix mètres.
Sur la montagne, des azalées et toutes sortes de fleurs, et sur la mer, des mouettes et, de temps à autre, dans le lointain, un voilier […]
En cet endroit se trouvait tout isolée une chaumière. Là vivaient un veuf avec ses deux filles. Lui avait déjà passé la soixantaine, l’aînée de ses filles avait dix-huit ans et la cadette quatorze ans.
L’aînée s’appelait Yeon-yeon et la cadette Ae-ae. »

Dans les nouvelles de Kim Dong-in, ce paysage idyllique évoquant un ordre ancien qui semble immuable, se retrouve dans la tourmente des années 1930, celle d’une société en mutation : l’urbanisation de Pyongyang avec le cloaque des bordels qui l’accompagne, les brimades et les humiliations du colonisateur nippon jusqu’à la perte totale de dignité des Coréens qui conduit à une emprise croissante des instincts sur les restes d’une poésie ancienne. C’est tout cela, avec sensibilité mais sans fausse pudeur, que Kim Dong-in décrit et qui fait de lui l’un des plus grands écrivains coréens de la période coloniale (1910-1945).


Les recherches du Professeur K et autres nouvelles, Ateliers des Cahiers, 2017, 252 pages, 16 €, Traduit par Simon Kim

 

  • MANGER CENT FAÇONS

Est-il besoin de rappeler que la gastronomie est la porte d’en­trée royale vers toute culture ? En Corée aussi, la cuisine est très importante comme marqueur identitaire,100 FAÇONS MANGER comme pratique sociale, comme patrimoine… Au-delà du kimchi et du bibimbap popularisés par la Vague coréenne, les écrivains coréens d’hier et d’aujourd’hui nous introduisent dans ce monde de saveurs et de souvenirs qui dessinent une carte gourmande encore méconnue.

26 auteurs, 34 textes, 20 traducteurs


Manger cent façons, Atelier des Cahiers, 2016, 293 pages, 15 €, Illustrations de Keum Suk Gendry-Kim.

 

 

  • SCÈNES CORÉENNES

 

scenes coréennesCe numéro de la revue Théâtre Public, paru durant l’année-Croisée France-Corée, et sous ce label, consacré aux Scènes coréennes nous avait échappé. Bien dommage, car en quelques 110 pages, il nous propose un panorama vraiment intéressant de l’activité théâtrale en Corée. Ce numéro coordonné par Lee Hyun-joo et Jean-Marie Pradier a le mérite d’être pluraliste autour des activités du théâtre coréen, qu’il soit celui de la tradition, avec le pansori par exemple ou de la modernité apparue sous l’occupation japonaise. Le théâtre politique ou le théâtre de Corée du Nord ne manquent pas à l’appel. Les articles sont rédigés par ceux qui font le théâtre en Corée. On a remarqué principalement l’article de tête signé de Lee Hyun-joo et Jean-Marie Pradier qui nous plonge tout de suite dans l’histoire, parfois houleuse, du théâtre coréen. Un interview de Lee Hyun-joo de Cathy Rapin et Im Hye-Myeong sur le jeu et la traduction du théâtre, particulièrement à propos de la création d’une pièce de Joel Pommerat, ainsi qu’un article pour ceux qui veulent connaître l’économie et la politique du spectacle vivant en Corée, par Choe Jun-ho et Lee Hyun-joo. La Corée est, nous le savons, un véritable moteur en matière de création théâtrale dans toute l’Asie, tel que nous l’indique Choe Jun-ho, metteur en scène et professeur de théâtre. En témoignent les nombreuses salles de théâtres réparties dans le seul quartier de Daehangno, autrefois quartier universitaire et foyer de contestation aux temps les plus difficiles de la Corée. Le dossier restitue parfaitement la tradition théâtrale, depuis son histoire jusqu’à la présente période.


Théâtre public, Scènes coréennes, N° 215, à se procurer auprès de diffusion@theatrepublic.fr

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Web-revue des littératures coréennes depuis 2009

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